Soixantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz

  

Afin de nous joindre à la commémoration du soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz, nous voudrions ici rappeler la phrase que Jean Hippolyte, alors directeur de l'École Normale Supérieure, eut le courage de prononcer devant ses élèves, à l’heure même de la persécution des Juifs :

 

« Nous sommes tous des Juifs dans la mesure où nous avons le souci de l’universel, où nous ne nous résignons pas à être seulement… »

 

Nous souhaitons en outre reproduire ici les lignes écrites par Léo Baeck, survivant du camp de Theresienstadt, dans L’Essence du judaïsme (PUF, 1993) :

 

« L’asservissement des Juifs n’a jamais été un phénomène isolé mais un aspect, le plus triste hélas, de l’oppression universelle. De même leur émancipation a toujours été un aspect certes, mais le plus important, de la libération du peuple tout entier. Qu’ils l’aient voulu ou non, les princes, les hommes d’État, les peuples qui se mirent au service de la culture authentique furent aussi les défenseurs et les bienfaiteurs des Juifs. En exigeant pour le judaïsme de la sécurité et de la liberté, nous n’exigeons rien d’autre que le règne de la rectitude et de la vérité pour l’ensemble du pays. Il n’existe pas de meilleure justification. On peut reprendre la phrase de Ranke : “La meilleure chose qui puisse arriver à l’homme est d’avoir en vue l’intérêt général en défendant le sien propre.” »