Compte rendu de la journée organisée par l'Association des Professeurs de Lettres à l'occasion de son centenaire au Lycée Henri-IV à Paris : « 1911-2011 - L'APL : le sens d'un combat ».

Plaquette du Centenaire

Le président Romain Vignest accueillit les participants en signalant la présence parmi eux de M. Jean-Michel Léost, président de la Société des agrégés, de M. Philippe Blanc, Secrétaire général de la Conférence des présidents d'associations de professeurs spécialistes, de M. Hubert Tison, vice-président de l'APHG (histoire-géographie), de M. Nicolas Franck, vice-président de l'APPEP (philosophie), de Mme le Professeur Françoise Argod-Dutard, présidente des Lyriades de la Langue française, de Mme Emmanuèle Blanc, vice-présidente de l'APFLA-CPL, de Mme Cécilia Suzzoni, présidente de l'ALLE, de Mme Dufourmantelle, représentant le SNFOLC, de Mme Régine Bourdon, représentant l'APAP (arts plastiques), de M. Michel Finck, représentant l'APCEG (communication-économie-gestion) ; il lut ensuite les messages de sympathie, les vœux et les regrets de M. Jean-Pierre Cuq, président de la FIPF, de M. Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République et de M. Jean-Baptiste de Froment, conseiller technique du président de la République chargé de l'éducation, de M. Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre de l'éducation nationale, de M. Erick Roser, Doyen de l'Inspection générale, de Mme et MM Catherine Klein, Patrice Soler, Jean Ehrsam, Paul Raucy, IGEN de lettres, de Mme Michèle Tabarot, présidente de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, de MM Ivan Renar et Yves Détraigne, sénateurs, de Mme Sylvie Pédroaréna, présidente de la Cnarela, de M. Jean-Yves Guillaumin, président de l'APLAES, des secrétaires généraux du SNES et de la CFTC-Éducation. Alors, Madame Françoise Gomez, IA-IPR de lettres, transmit à l'assemblée le salut et les encouragements de Monsieur Patrick Gérard, Recteur de l'académie de Paris, Chancelier des Universités.

 

Madame Clémence Cardon-Quint, chargée d'études et de recherches au département d'histoire de l'éducation de l'ex-INRP, ouvrit les travaux par un exposé très substantiel sur l'histoire de la Société des professeurs de français et de langues anciennes, dite « Franco-Ancienne », de sa fondation jusqu'à sa transformation en l'Association des Professeurs de Lettres, en 1978. Cet exposé dégagea les constantes (le combat pour l'enseignement des langues anciennes et le lien de cet enseignement avec celui du français) et les évolutions (notamment son choix résolu de la démocratisation sous la présidence de Maurice Lacroix, après la Libération) qui caractérisent cette histoire. Il mit en perspective la table ronde suivante, qui, après la lecture par Romain Vignest d'un message du président André Hinard (1960-1965) et d'un hommage à Maurice Lacroix (1946-1959), réunissait, autour du vice-président Michel Serceau, trois anciens présidents : Jean Cancès (1980-1984), Jean-Dominique Beaudin (1984-1986) et Henri Guinard (1986-2006). Ces derniers manifestèrent la continuité de notre combat pour un enseignement exigeant, seul à même de compenser à l'école les inégalités socio-culturelles, d'ouvrir à tous les jeunes Français, quels que soient leur origine et leur milieu, l'accès à la maîtrise de leur langue et à la possession de leur patrimoine littéraire comme des grandes œuvres de l'Antiquité, de former leur intelligence et leur sensibilité, comme personnes et comme citoyens ; leur émotion illustra aussi quel sacerdoce peut représenter un tel engagement à la tête de l'APL. Après un débat avec la salle, qui porta aussi bien sur les détails personnels de leurs présidences que sur les positions de l'APL, notamment à propos de  la création de l'agrégation de lettres modernes en 1959, commença la seconde table ronde, consacrée à l'histoire de notre Revue, réunissant Sylvie Gropper, ancienne responsable du Bulletin, Evelyn Girard, secrétaire générale et vice-présidente, et Jean-Noël Laurenti, actuel rédacteur en chef. Revue à comité de lecture, dont la qualité est unanimement reconnue, exposant la vie de l'association, proposant des articles scientifiques et pédagogiques, une tribune libre, une « page européenne », de nombreux comptes rendus de lecture et, depuis peu, une rubrique DVD, elle diffuse bien sûr les analyses de l'APL, participe à la formation continue des professeurs et au rayonnement intellectuel de notre association en France et à l'étranger, elle est aussi un moyen de liaison entre les adhérents et une aventure humaine, que les anecdotes rapportées par nos collègues rendirent sensible et touchante.

Quelques-uns de nos invités souhaitèrent alors prendre la parole pour saluer la vigueur de l'APL : Hubert Tison pour l'APHG, Nicolas Franck pour l'APPEP, Régine Bourdon pour l'APAP dirent chaleureusement la fraternité d'armes qui unit nos associations dans la lutte pour la culture et la raison, l'éveil de l'intelligence et le caractère national de notre enseignement, M. le Professeur Jean-Nicolas Corvisier, spécialiste d'histoire grecque ancienne et contributeur de notre colloque de Marseille sur la langue française et la Méditerranée, salua l'ouverture d'esprit de l'APL et la valeur de ses travaux.

Delphine Hassan, membre du Bureau, prit alors la parole pour expliquer les raisons de son engagement de jeune professeur dans les rangs d'une association séculaire, son souci de l'universalisme et de la démocratisation. Enfin, Romain Vignest conclut la journée. Revenant sur la démocratisation du savoir, leitmotiv de cette journée, il mit l'accent sur la fidélité de l'APL aux valeurs de l'humanisme : notre conception de l'enseignement procède et de la transmission et de l'émancipation, elle repose sur notre confiance dans les capacités de l'homme donc des élèves, à qui ce patrimoine, leur patrimoine, est dû ; elle entretient un lien étroit entre l'enseignement de la littérature française et celui des lettres grecques et latines, qui n'ont jamais cessé de l'irriguer. L'enseignement, méthodique et spécifique, de la langue doit reposer sur la fréquentation précoce et assidue des textes littéraires, qui en constituent la forme la plus accomplie et la plus libre, pour former l'intelligence et la sensibilité de la personne et du citoyen et fonder sur un patrimoine universel une nation républicaine, non ethnique, mais politique. Il souligna enfin l'engagement international de l'APL, son attachement au rayonnement et à l'enrichissement d'une langue qui ne nous appartient plus en propre et dont l'avenir est largement africain, rappelant que la manière dont notre langue est perçue et enseignée à l'étranger importe éminemment à son enseignement en France.

Les participants couronnèrent cette belle journée au parloir du lycée, où ils partagèrent confraternellement le cocktail qu'y offrait la vaillante centenaire.