Audition du président de l'APL par le recteur Jean-Paul de Gaudemar, chargé de mission sur la réforme du lycée, le mercredi 29 octobre 2008.

En ce qui concerne les analyses et les revendications de l’APL, nous renvoyons nos lecteurs aux textes adoptés à ce sujet. Nous ne rapportons ici que les réponses que nous a faites Jean-Paul de Gaudemar.

Le recteur a, pour expliquer la réforme, invoqué la loi Jospin, la loi Fillon et, comme clef de voûte, les engagements pris à Lisbonne. Elle a pour objet de repenser le découpage et l'articulation du collège et du lycée en deux segments en les concevant comme un tout, dont l'un correspondrait au cycle de la scolarité obligatoire (primaire et collège), préparatoire au second segment (lycée et post-bac). Le baccalauréat doit donc retrouver sa valeur de premier grade universitaire et l'organisation du lycée doit préparer aux études supérieures et en assurer le succès, non seulement à travers les programmes, mais également à travers la manière de travailler : c'est là la raison d'être des modules. Aussi ne s'agit-il pas de diminuer les horaires, mais de proposer une nouvelle organisation du temps scolaire : en Seconde les modules d'approfondissement doivent à la fois offrir aux élèves des connaissances sur les disciplines qui ne pourraient faire l'objet d'un enseignement de base et leur montrer l'extension possible des disciplines du tronc commun (en histoire leur expliquer comment on fait de la recherche, ce qu'est un document, quelle est sa fonction), dans le Cycle terminal, ils auraient cette seconde fonction.

Un problème s'est posé concernant le choix de ces modules de Seconde par les élèves : contraindre les élèves (en imposant qu'ils soient choisis chacun dans une famille différente, ou dans deux) serait une manière d'éviter la prédétermination des actuelles options de détermination et la reconstitution des filières, mais le choix du ministre a été de laisser ce choix ouvert, tout en vaillant à ce qu'ils ne deviennent pas des enseignements de spécialité.

Concernant nos disciplines, il serait contraire à cette logique pédagogique d'alourdir encore le tronc commun. Par ailleurs, le système modulaire devrait les favoriser, d'une part parce que la seconde langue vivante fait désormais partie du tronc commun et leur libère un créneau, d'autre part parce que les modules pourront soit spécialiser le lycéen (par exemple un lycéen de la famille « sciences » qui suivrait et  le module de mathématiques renforcées et celui de physique-chimie), soit au contraire d'ouvrir son champ de connaissances (il y aurait, parmi les modules une « majeure » et une « mineure », et c'est là qu'un scientifique pourra continuer à faire du latin ou du grec, mais aussi de la gestion ou du droit) ; ce deuxième cas de figure devrait être le plus répandu. Enfin, le programme des disciplines du tronc commun pourrait fluctuer en fonction des modules choisis, sauf en philosophie, parce qu'il s'agit d'une matière nouvelle, et peut-être en français, en raison du caractère fondamental de la discipline.

Quant aux modules dits d'accompagnement, ils correspondent à la partie proprement individualisée de l'enseignement, il ne s'agit donc pas seulement de soutien, puisqu'il concernent tous les élèves). En terminale, bien sûr ils seraient davantage consacrés à la préparation de l'examen.