Association des Professeurs de Lettres

 

 

MOTION

sur l'institution d'un prix Jacqueline-de-Romilly

 

 

 

L’APL, réunie le 10 décembre 2011 en son Comité, déplore que le prix Jacqueline-de-Romilly, destiné à distinguer « la capacité des professeurs de lettres classiques à mettre en œuvre des pratiques innovantes dans leur enseignement des langues et cultures de l'Antiquité », porte le nom de celle qui a durant toute sa vie défendu l’idée d’un enseignement bien plus substantiel, plus ouvert et aussi plus distancié à l'endroit des modes et nouveautés.

En effet, les critères d'attribution de ce prix proclament comme allant de soi, de façon d'ailleurs fort peu humaniste, que ce qui est nouveau est par nature meilleur et souhaitable, comme si plusieurs siècles de pédagogie devaient nécessairement s'effacer devant notre glorieuse et virtuelle modernité.

Ces critères donnent à croire en outre que l’état désastreux des langues anciennes vient d'un manque « d’innovation » de la part des professeurs et non d'une politique qui a conjugué leur caractère constamment optionnel, la concurrence des enseignements d'exploration et une pédagogie qui, précisément sous couvert d’innovation, n’aboutit le plus souvent qu’à désorienter les élèves et à les détourner de l'étude de ces langues.

Paris, le samedi 10 décembre 2011