MOTION

Sur la réforme du lycée

 

Le Bureau de l’APL a pris connaissance de la feuille de route signée par le ministère et des syndicats ainsi que des premières déclarations concernant la future réforme du lycée ; en attendant la rencontre prévue avec le recteur de Gaudemar, l’APL tient d’ores et déjà à préciser les points suivants.

L’APL juge a priori peu pertinent de réformer le lycée sans que le collège l’ait été lui-même, que ses déficiences aient été résolues et les nouveaux programmes mis en œuvre dans des conditions, notamment horaires, satisfaisantes. Aussi lui paraît-il très périlleux de calquer l’organisation du lycée sur celle, semestrialisée, des universités, en s’en remettant au libre choix d’élèves insuffisamment formés, dont une sempiternelle logique de remédiation ne compensera ni les lacunes ni le manque d’autonomie.

Si elle n’est pas opposée à une certaine modularisation des cursus autour d’un tronc commun consistant, elle met en garde contre la baisse des exigences et contre la dislocation du lycée qui pourrait en résulter ; elle réaffirme son attachement à des programmes, à des horaires et à un baccalauréat nationaux, ainsi qu’à la diversité de l’offre scolaire au sein de chaque établissement. A cet égard, elle demande que le principe des options facultatives soit maintenu.

En ce qui concerne la classe de Seconde, cheville essentielle de la scolarité des élèves, l’APL rappelle l’effet profondément pervers qu’eut sur les filières du lycée l’institution des enseignements de détermination, choix précoce, aveugle et larvé de la Première future dès la Troisième. Elle préconise une classe de Seconde indéterminée, composée des principales disciplines littéraires et scientifiques, d’un enseignement obligatoire au choix, soit technologique, soit de « culture humaniste » (grec, latin, troisième langue vivante, ou art) et d’une éventuelle option facultative.

Enfin, l’APL réaffirme son hostilité à toute dénaturation de la mission des professeurs, notamment à travers la détérioration de leurs conditions d’exercice sous des prétextes pédagogistes éculés. Le temps de service des professeurs doit ainsi continuer à se définir en heures d’enseignement, parce que c’est d’être enseignés qu’ont besoin les lycéens et futurs étudiants ; la liberté pédagogique ne saurait être qu’individuelle et non subordonnée à une logique d’équipe ou d’établissement.

Paris, le samedi 20 septembre 2008