MOTION

sur l'enseignement de la philosophie

avant la Terminale

 

 

L'Association des Professeurs de Lettres s'étonne des propositions du ministre de l'éducation nationale concernant l'enseignement de la philosophie en Seconde et en Première, ainsi que des réactions qu'elles ont suscitées : jamais en effet la question n'a été rapportée à la formation générale du lycéen ni à l'environnement disciplinaire de la philosophie.

Pourtant, si les lycéens actuels peinent plus que leurs aînés à aborder l'enseignement philosophique, ce n'est évidemment pas parce qu'ils le découvrent plus tard, mais parce que les autres disciplines, et notamment le français, les y ont moins bien préparés.

De fait, la pratique de la dissertation, l'étude systématique du siècle des Lumières, plus fondamentalement encore l'apprentissage méthodique de la grammaire et l'acquisition d'une culture littéraire, historique et artistique suffisamment riche et structurée, sans même parler de l'étude des langues et des auteurs de l'Antiquité, constituent la meilleure propédeutique qui soit à la réflexion proprement philosophique.

Pallier les déficiences actuelles de l'enseignement du français par l'adjonction d'un cours de philosophie, c'est non seulement ne rien résoudre au problème, mais c'est l'aggraver, puisque, d'une part, cette adjonction se fera aux dépens de l'horaire général de français, et que, d'autre part, elle suppose que le français n'est pas une discipline de sens, destinée à éduquer la pensée, mais un enseignement étroitement techniciste.

L'Association des Professeurs de Lettres appelle, non seulement le ministère, mais aussi les professeurs de philosophie à envisager ce débat dans une perspective plus large qu'ils ne le font actuellement.

 

Paris, le samedi 11 décembre 2010