Il m’aura obligé et, m’ayant obligé pour s’être senti obligé envers moi ou pour s’être dit qu’il se devait, qu’il se doit même, et peut-être pour toujours, d’être mon obligé, de m’être obligeant, voire d’être mon protégé, mon protecteur même, mais sans m’en souffler mot quand il en serait conscient et sans surtout rien dire à personne, redoutant probablement que j’en puisse, dans l’un comme dans l’autre cas, prendre connaissance et m’en sentir mortifié, et dont ayant cru, moi-même, constater les signes, quelque discrets qu’ils aient été et soient, je ne puis réagir qu’en me disant que je me dois, moi aussi, d’être, de m’efforcer d’être, que j’en sois capable ou non, son obligé et c’est peut-être ainsi que se tissent des obligations, des liens qui lient silencieusement et invisiblement, mais sans contraindre, que naît cette amitié dont l’immense Aristote affirmait l’impossibilité, mais dont Blanchot, faisait, avec sa toujours bien profonde lucidité, remarquer, à la mort de Bataille, qu’elle ne peut, même dans la plus intime proximité, qu’elle ne peut qu’accentuer la distance, l’éloignement qui sépare, comme pour rappeler que ces liens plus haut évoqués qui ne lient pas tant qu’ils ne délient, qu’ils ne libèrent afin que puisse surgir ce délire qu’est alors toute écriture pourvu qu’elle ne se contente pas de simplement « [n]arrer, [d’] enseigner, [ou] même [de]décrire », ouvrant ainsi la voie à ce délire du dé-lire grâce auquel une nouvelle intersubjectivité, une autre réciprocité que l’obscénité dont on baptise de ce nom, bref une socialité asociale – et non antisociale – toujours occupée à liquider, à pratiquer ce que j’ai, un jour appelé, liquidance, la liquidance de tout dogme, de toute idéologie, de tout autoritarisme, et à promouvoir sur cette terre que l’on dit des hommes ce que j’appelle le toujours-moins-de-dysharmonie – possible entre tous et tous et de la part de tous envers tout sera, un jour, peut-être possible.

