Ida Lupino, Faire face (Never Fear), 1950

On retrouve les deux mêmes acteurs, ici incarnant un couple de danseurs qui commence à connaître le succès lorsque hélas la jeune femme est victime de la poliomyélite. Une rééducation semble possible, mais ce sera un long trajet dont le couple pâtira…

Un mélodrame de nouveau, certes sur l’infirmité qui frappe une jeune artiste prometteuse. Mais il faut voir ici le combat contre la maladie comme une métaphore exacerbée de la libération d’une jeune femme des carcans sociaux et moraux, son accession à sa propre liberté. Contrairement au mélodrame médiocre, souvent manichéen, pas de « méchant » ici, de représentant du Mal : les personnages secondaires qui pourraient jouer un rôle néfaste et engendrer de sombres intrigues amoureuses sont au contraires emplis de compréhension et d’intelligence altruiste. On est, dans le genre, au niveau des grands Douglas Sirk, mais avec un point de vue et une esthétique plus réalistes, quasi documentaires, moins flamboyants, modestes et touchants comme les personnages.