Le Comte de Monte Cristo, Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (France, juin 2024/octobre 2024, Pathé).

Mythiques sinon mythologiques, les histoires de Dumas père sont une mine pour le cinéma. Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, scénaristes des deux volets des Trois Mousquetaires de Martin Bourboulon (le second, Milady, est plus réussi), adaptent et réalisent eux-mêmes, cette fois, Le Comte de Monte Cristo. Ce n’est que (!) environ la vingtième transposition cinématographique du roman (plus de soixante pour les Mousquetaires). Elle donne une idée de ce que peut être un vrai cinéma populaire. Pléonasme que cette appellation, tant le cinéma, dès sa naissance et avant d’être classé septième dans la succession des arts, a pris le relais de cette littérature populaire foisonnante en aventures, nourrie d’imaginaire, qui paraissait en feuilletons et touchait tous les publics. On comprend que le « scénariste » Dumas ait autant de succès ! Ici les modifications apportées par les adaptateurs ne trahissent pas l’essentiel. Les trois heures de projection donnent ce plaisir du spectacle et de l’intrigue, tant l’histoire de cette vengeance est inépuisable dans son déroulement et ses résonances. De grands moyens sont mobilisés, de l’interprétation aux décors, donnant de l’ampleur à la narration qu’une musique omniprésente souligne inutilement, ainsi que de superflus effets de filmage. Cela étant, il ne faut pas bouder un réel plaisir de spectateur, même si on peut regretter que le destin moralement ambigu de Dantès ne soit qu’un élément de l’action au lieu d’en être le moteur, que le plaisir de l’aventure masque un peu la réflexion sur l’humanité qui sourd de cette histoire.

Un livret de 160 pages donne en particulier le scénario (outil intéressant avec des élèves). Bonus vidéo d’une heure.