Les Cavaliers (The Horse Soldiers), John Ford (USA, 1959/novembre 2024, Rimini).

En pleine guerre de Sécession, un détachement de l’Union commandé par le rude colonel Marlowe (John Wayne) fait route vers le Sud pour y détruire une ligne de chemin de fer. Sa femme étant morte après une erreur de diagnostic, le colonel s’oppose au médecin-major (William Holden). De plus, les voilà obligés d’emmener avec eux une aristocrate sudiste qui pourrait représenter un danger. Nouvelle occasion de conflit… S’ensuivent une série de combats, le détachement devant fuir après la réussite d’un sabotage, dans ce qui sera la mission la plus difficile et la plus meurtrière de la Guerre Civile.

Le scénario est inspiré d’un épisode historique. Ce raid de l’Union fut très meurtrier, davantage que ce que montre le film. Celui-ci est le quatrième que Ford a consacré à la cavalerie, après la trilogie Le Massacre de Fort Apache (1948), La Charge héroïque (1949) et Rio Grande (1950). C’est le premier qu’il consacre à cette guerre dont il avait une connaissance profonde. Il est caractéristique des paradoxes fordiens. En effet, le cinéaste exalte dans ses westerns l’héroïsme et le panache des militaires, avant tout ceux des Nordistes vers qui penchent ses opinions politiques, tout en ne manquant pas de célébrer le panache des Sudistes. Mais, dans chaque séquence comme dans chaque plan, il n’oublie jamais l’humain, ses faiblesses, ses contradictions, sa clairvoyance comme son aveuglement. Le couple colonel-médecin incarne sans manichéisme aucun les attitudes possibles face au conflit et les dilemmes moraux qui peuvent assaillir les protagonistes. Celui qui, lors d’une assemblée des réalisateurs hollywoodiens s’opposa superbement à DeMille, président de la guilde et conservateur comme lui, qui demandait qu’on dénonce les « rouges » (on était en plein maccarthysme), a toujours hissé les sentiments humanistes au même rang que le patriotisme ou la ferveur combattante.

Le tournage fut difficile et même parfois dramatique, pour de multiples raisons, et le succès public ne fut pas au rendez-vous. Si Les Cavaliers n’atteint certes pas le niveau des chefs-d’œuvre du cinéaste, il n’en reste pas moins excellent et très représentatif du genre et de la filmographie fordienne. La maîtrise dans le filmage des scènes d’action est exemplaire, et, comme nous l’avons souligné, les conflits psychologiques ne sont pas des intermèdes mais bien des ressorts essentiels.

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