Clara, la soixantaine, musicologue mère de trois grands enfants et veuve, vit avec aisance dans la résidence Aquarius qu’un promoteur veut détruire et que sa famille habite « depuis toujours ». Elle est la dernière occupante, les autres logements ont été achetés par la société immobilière et sont inoccupés. Elle résiste aux démarches répétées du patron et même de sa fille pour qu’elle vende. Elle rencontre un veuf qu’elle fait fuir quand elle lui parle de l’ablation de son sein, embauche un escort-boy, enquête sur le promoteur…
Un portrait complet, évoquant avec force le passé, le présent, et l’avenir possible, non seulement de Clara, mais aussi de Recife. La ville, le Brésil, l’immeuble, l’héroïne, toutes ces composantes entrent en résonance dialectique avec le temps, le présent de l’espace et du personnage témoignant du passé et ouvrant sur un avenir possible. Clara, femme volontaire, rebelle, aimante, hédoniste, incarne la chaude humanité face à la froideur sociale, et la mise en scène est aussi dynamique que l’héroïne tout en prenant le temps d’aimer et de magnifier chaque détail signifiant.

