Pas (peu ?) de rapport avec Dickens, sinon ironiquement pour ce qui concerne la fin, contraire à celle du roman.
Madeleine (R.M.) et Antoine (Benjamin Lavernhe) préparent l’oral de l’ENA. Lui est d’une riche famille qui loue en Corse la maison où ils révisent. Elle est issue d’un milieu modeste, orpheline de mère, en rupture avec son père. Sur une route, une altercation du couple avec un automobiliste mène à la mort de ce dernier. Hors de question de compromettre deux carrières prometteuses !…
Film brillant par son scénario et sa réalisation. C’est un thriller, mais c’est aussi une réflexion pertinente sur la politique et son monde, sur l’engagement personnel, et un beau portrait de femme qui veut affirmer sa liberté et son indépendance (tiens donc, le déroulé de cette rubrique m’inspire un rapprochement entre Catherine Sloper et Madeleine, à la fin des deux films !). Rien n’est appuyé ou démonstratif, c’est l’intrigue elle-même qui permet de révéler des problématiques personnelles et générales, grâce à un montage très serré ménageant néanmoins des pauses, et un filmage éclairant (par ex. les gros plans de Madeleine sont souvent filmée de profil sur un champ très ouvert). Enfin, là aussi, on ne peut qu’admirer le travail des comédiens, en particulier celui de Marder qui sait allier la fragilité et la détermination de ce personnage évoluant sur un fil.

