Une jeune fille qui va bien, Sandrine Kiberlain (France, janvier 2022 / juin 2022, Ad Vitam)

1942, Paris. Irène, jeune juive de dix-neuf ans, vit à Paris avec son père, sa grand-mère maternelle et son frère de vingt ans. Elle est passionnée de théâtre et prépare le Conservatoire d’art dramatique dans un cours privé, où elle se lie avec d’autres élèves, en particulier Viviane. Insouciante, abordant l’existence avec gourmandise et joie, elle découvre l’amour avec Jacques, alors que les mesures anti-juives s’accumulent…

Un grand film, trop peu vu à sa sortie. Espérons que l’édition vidéo aidera à sa mise en valeur et à sa réputation. Il nous fait ressentir dans tout notre être ce qu’a pu être la persécution des Juifs, en montrant justement tout le contraire de celle-ci, à savoir la joie de vivre, la beauté, l’amour. L’Occupation, les patrouilles, tout ce qui fait l’oppression est presque toujours hors-champ, ou simplement évoqué. Donc pas de reconstitution à grands frais avec pittoresque historique, pas de cris ou de pleurs, pas de musique dramatique, sinon l’inquiétude du père et la force morale de la grand-mère. La douleur est d’autant plus intense pour le spectateur qu’il sait ce qui va se passer, alors qu’il est en empathie lumineuse avec cette jeune fille qui incarne la joie de vivre. Rebecca Marder rayonne sur tout l’écran et au-delà.