Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était grand-père : leur fille Mathilda vient de donner naissance à une petite Gloria. Daniel, qui tient à voir le bébé, découvre une famille recomposée qui lutte par tous les moyens pour rester debout, où en outre se créent des divisions. Il ira pour les aider jusqu’à s’accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis… et retournera en prison. Ce film de Robert Guédiguian en a surpris beaucoup, qui l’ont taxé de pessimisme. Comme si les précédents avaient été optimistes ! Comme si la fin de ses films était toujours heureuse. Certains confondent peut-être le regard de Robert Guédiguian sur ses personnages avec le contenu de ses films. C’est oublier tout d’abord que Marseille, sa ville natale, théâtre privilégié mais pas unique (voir ici même Le promeneur du Champ de Mars), des fictions qu’il crée, est pour Robert Guédiguian une synecdoque du monde. C’est faire comme si, puisqu’il s’agit du peuple de Marseille, rien ne pouvait être grave. Or ce n’est pas parce que le regard de Robert Guédiguian, cinéaste et non moraliste, a pour caractéristique d’être toujours bienveillant, ou tout du moins jamais méprisant, que ses personnages sont exempts de difficultés et de défauts. Il ne stigmatise, simplement, personne, On pourrait dire pour résumer que Robert Guédiguian, cinéaste aussi politique que Costa-Gavras mais qui emprunte une voie opposée car le récit n’est jamais dominé par un discours, ne démontre jamais. Il lui suffit de montrer.

