La Bonne Épouse, Martin Provost (France, mars 2020 / oct. 2020, Memento).

En 1968, Pauline Van Der Beck dirige avec son époux et sa belle-sœur l’institution La Bonne Épouse, qui apprend aux adolescents à tenir un ménage, à la cuisine, au salon, au jardin et au lit. Mais certaines élèves cèdent au vent de révolte qui souffle de plus en plus fort en ces années 60. La tempête va bien sûr affecter l’école et ses dirigeants… Voilà une comédie réussie qui, sur un scénario dont on peut estimer a priori que les ressorts en sont convenus et le final prévisible, offre pourtant une forme dynamique et souvent surprenante, servie par de savoureuses comédiennes (Binoche, Moreau, Lvovski). Provost se permet des hommages bien venus à des maîtres de cinéma, comme Vigo ou Demy, et ne se prive pas de moments fort émouvants aussi attachants que les épisodes de pure bouffonnerie. Et comme il n’y a pas de bonne comédie sans un réel ancrage social, il faut avouer que cette charge (mais en est-ce vraiment une ?) nous laisse pantois quant à la façon dont on envisageait l’éducation des jeunes filles et la place de la femme dans la société. Malgré les problèmes souvent graves qui demeurent, on se rend compte qu’un grand chemin a été parcouru depuis cette époque ! Et rien de tel que le rire pour amener à la claire conscience des choses. NB : les suppléments proposent des images d’archives sur deux établissements comparables.