Jeff Cody, chasseur de primes, négocie avec les Comanches la remise d’une femme qu’ils ont enlevée. Elle lui rappelle sa propre épouse enlevée jadis et disparue. Lors du voyage retour vers le mari, ils sont rejoints par une bande de hors-la-loi dont le chef est l’ancien ennemi de Cody…
Cette ligne très simple et implacable laisse sourdre une réflexion profonde sur l’existence et les buts qu’on lui assigne, une réflexion aussi sur les valeurs mythologiques qui accompagnent la formation des USA. Scott incarne avec majesté ce Cody, cowboy vieilli mais aussi solide sur ses principes que sur son cheval, tendu vers son objectif, celui peut-être de tout humain : justifier son existence, nier par l’action la vacuité et le désespoir. Boetticher, dans ce western comme dans ses autres, se concentre sur peu de personnages, soucieux de peindre le plus exactement possible leurs confrontations et leurs rapports avec le paysage et ses éléments très concrets, acteur essentiel de tout western. On le voit, avec ce cinéaste et son héros qui feint de croire encore que la vie a un sens, on est loin de toute célébration, loin de Pacific Express. On peut considérer qu’avec Boetticher et d’autres commence un nouvel âge du western, celui où le genre réfléchit sur lui-même et, se mettant en question, met en question l’Amérique.

