La Lutte des classes, Michel Leclerc (France, avr. 2019 / août 2019).

Un couple de « bobos » s’installe à Bagnolet, proche banlieue de Paris. Elle est avocate d’origine maghrébine, et a grandi dans la cité d’immeubles voisine de leur maison. Lui est un musicien anar et dilettante. Leur fils Corentin intègre l’école publique Jean Jaurès, mais très vite il perd ses copains, qui tous ont filé pour l’école privée Saint-Benoît. Il veut les suivre, mais, pour ses parents, il est hors de question de déserter l’école républicaine ! Pour Corentin, hors de question de rester à Jaurès ! Voilà le couple en pleine contradiction, les principes d’un côté, les réalités de l’autre. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, il ne s’agit pas d’une comédie fondée sur la caricature, ni d’un pamphlet social recouvert par l’humour. Non, ici tous les personnages ont leurs chances, et tous attirent la sympathie, au moins l’attention bienveillante, à un moment ou un autre. La peinture des différents milieux ou des groupes est très juste, et reste fine jusque dans la drôlerie de certaines notations. Les problèmes abordés ne sont pas présentés schématiquement mais dans toute leur complexité, complexité sans laquelle on tomberait dans l’artifice ou le procédé facile. Jusqu’à la fin dont on se dit qu’hélas, elle va rejoindre l’abondante collection de fins lénifiantes et bien-pensantes, quand soudain un nouvel élément vient heureusement rayer le cliché…