Voilà un western des plus représentatifs de la qualité et de la profondeur du genre, par un des réalisateurs majeurs de l’âge classique d’Hollywood. Le récit, comme beaucoup de ceux qui nourrissent le genre, reprend à l’évidence des figures de la tragédie grecque ou biblique et aborde quelques mythes fondamentaux relus par la psychanalyse. Jeb Rand est recueilli enfant par Medora Callum, mère de la jeune Thor et d’Adam. Le film est construit en flash-back à partir de la ferme où Jeb est rejoint par Thor, maintenant son épouse. C’est dans la cave qu’enfant il était caché pendant que sa famille se faisait massacrer. C’est l’histoire d’une malédiction, qui habite et obsède le personnage, et dont il veut à tout prix se délivrer. Mais ici, contrairement à la tradition classique, le destin n’est pas fatal… Le film est comme l’étude de la violence qui a en quelque sorte baigné l’existence de Jeb, celle dont il fut victime, celle dont il doit user. Elle est montrée comme telle, brute, franche, imposée à l’homme que la société célèbre quand il tue à la guerre et condamne quand il lutte pour sa vie. Fidèle à ses thématique et esthétique, Walsh peint un combat entre ombre et lumière, à l’intérieur des êtres comme dans leur environnement. Et Robert Mitchum est ici l’acteur idéal pour incarner cette dualité.

