Le Mari de la coiffeuse, Patrice Leconte, (France, 1990 / 2002, FNAC)

Tout enfant, Antoine est fasciné par les coiffeuses, qu’il trouve les êtres les plus sensuels au monde. Adulte, il fait de ses rêves une réalité en épousant Mathilde, jeune et belle coiffeuse. Tous deux vivent un bonheur parfait, Mathilde coiffant, Antoine recevant les clients et la regardant. Parfait…trop parfait ?

Patrice Leconte a connu de gros succès et abordé de nombreux genres, du film très populaire (Les Bronzés) au film très personnel comme celui-ci. Il est l’auteur du scénario, très déroutant à l’abord, histoire d’un amour pur, absolu, et exaltation de la sensualité. On est très proche du surréalisme, tellement cette « aventure » semble un rêve, une projection de l’inconscient, et un triomphe de l’arbitraire. Mais, simultanément, l’image, par sa nature, fait partager la beauté tangible de cette femme et de cette relation. On va du rire aux larmes, du prosaïsme au poétique, de la fascination à la mélancolie. La douce musique des corps et des images nous étreint et nous fait hésiter entre joie et tristesse. Ajoutons que, dans le rôle d’Antoine, Rochefort nous montre toutes les facettes de son grand talent. Du grand art, un des sommets de l’œuvre de ce cinéaste qu’il faut réévaluer, ce que vient de confirmer le magistral et crépusculaire Maigret.