Les Plages d’Agnès, d’Agnès Varda (France, déc. 08 / nov. 09, Ciné Tamaris).

Voilà peut-être la plus belle autobiographie cinématographique tournée à ce jour. Assurément la plus émouvante. Arrivée à quatre-vingts ans, parcourant de nouveau les plages qu’elle a fréquentées durant son existence, Agnès Varda déroule ses souvenirs de façon tendre et fantaisiste, souvenirs de cinéma, souvenirs publics et privés. Elle suit avec légèreté les aléas de la réminiscence, des associations d’idées ou d’images. C’est une superbe mise en scène de la mémoire, une leçon d’humanité et de cinéma, un objet singulier et fondateur. Réalisé en deux ans avec une caméra vidéo, le film est à la fois un recueil mémoriel et un journal intime. Déjà présente dans ses derniers films, Varda se livre ici comme femme et artiste, avec une tendresse émouvante et un humour roboratif.