Les Tueurs (The Killers), de Robert Siodmak (USA, 1946) et À Bout portant (The Killers) de Don Siegel (USA, 1964), un coffret Carlotta, 2007.

Exception, tous les films que nous présentons cette fois ont la même source : un célèbre roman américain de 1934, Le facteur sonne toujours deux fois (James M. Cain, 1892-1977). Nous en présentons les cinq adaptations principales. Il nous a paru intéressant de traiter ce cas de figure. Il y a là en effet matière à un travail comparatif qui peut nourrir la lecture du roman. Ce d’autant plus que trois des cinq versions, les deux plus anciennes et la dernière, transposent l’action et les personnages en France, en Italie et en Allemagne, où elles ont été tournées. C’est dire que la réception est large et diverse. Nous sommes tentés de dire que ces trois versions européennes sont plus riches que les deux versions américaines. Mais chacun(e) jugera.

De plus, soulignons qu’il s’agit bien ici d’une des pratiques essentielles de l’art, à savoir les variations sur un même sujet ou un même thème. Depuis la tragédie antique (Agamemnon d’Eschyle) jusqu’au roman noir en passant par le roman naturaliste (Thérèse Raquin de Zola), le couple adultère assassin a fourni le sujet de nombreux chefs-d’œuvre… et inspiré bien d’autres films. La relation du cinéma à la littérature est plus riche qu’il n’y paraît.

Les films sont présentés par ordre chronologique. Accessibles. On notera qu’il y a eu aussi une version hongroise, Passion (Szenvedély, Gyorgy Fehér, 1998) et une version malaise, Buai laju-laju (Swing My Swing High, My Darling, U-Wei Haji Saari, 2004).