1862. Deux compagnies ferroviaires rivales, la Central Pacific et l’Union Pacific, se lancent dans la construction de la ligne de chemin de fer qui traversera les États-Unis d’est en ouest. La première part du Pacifique, la seconde de l’Atlantique. Le film suit la progression de celle-ci, avec le conducteur et sa fille, les ouvriers, et surtout Jeff, agent fédéral qui protège le convoi. Mais un politicien véreux, actionnaire de l’Union, fait tout pour que la Central contrôle la majeure partie, ce qui lui permettra une fructueuse opération boursière. Sabotages et agressions se succèdent, s’ajoutant aux difficultés naturelles, sans compter les relations tendues avec les tribus indiennes, avec par là-dessus une amitié trahie et une rivalité sentimentale…
UUn des meilleurs exemples du western épique, qui glorifie les pionniers, les entrepreneurs, la conquête du territoire, la force du collectif et l’héroïsme de quelques-uns. Le film est, par surcroît, une très fidèle reconstitution, avec des matériels d’origine, un grand nombre de figurants, et des interprètes à la hauteur (Barbara Stanwyck, Joel McCrea…). Tous les ingrédients du western sont là, hissés jusqu’au niveau de l’histoire d’une nation et de l’épopée d’un peuple élu, le train—qu’on ose le rapprochement—en étant en quelque sorte le Moïse. Mais le talent de DeMille lui permet d’alterner avec bonheur des scènes intimistes, sentimentales ou conflictuelles, avec des scènes de foule, au service d’une intrigue assez complexe, autant que les caractères, et fait mentir les accusations de simplisme qui discréditent trop souvent le genre. DeMille, plus connu peut-être par ses films à grand spectacle sur l’Antiquité (Les Dix Commandements…) a bien servi le western avec cette épopée contemporaine, mais aussi avec d’autres comme Les Tuniques écarlates. Saisissons aussi l’occasion de célébrer le grand talent des « romanciers de l’Ouest » à l’origine de la majorité des films du genre, ici Haycox, ailleurs Guthrie Jr, Burke et bien d’autres, qui donnèrent des chefs-d’œuvre, trop méconnus ici, de la littérature américaine.
NB : le film est accompagné d’excellents bonus.

