Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a Murder) d’Otto Preminger, d’après le roman éponyme deJohn D. Voelker, 1958 (USA, 1959 / Carlotta, mars 2020).

Le roman qui a servi de base au scénario était inspiré de faits réels. Parnell McCarthy a sombré dans l’alcoolisme depuis qu’il est en retrait de la vie judiciaire. Paul Biegler, ex-avocat général (le rôle est interprété par James Stewart), occupe son temps à la pêche. Ils s’associent pour prendre la défense de Frederick Manion, lieutenant de l’armée suspecté d’avoir assassiné de sang-froid l’homme qui avait violé son épouse. Ils vont plaider non coupable, arguant que Frederick a tué sous l’emprise d’une « impulsion irrésistible » et non d’un désir de vengeance. Autopsie d’un meurtre est très représentatif d’un genre spécifique au cinéma hollywoodien, que l’on a appelé « film de prétoire » (Court room thriller)… Le principe est de mettre en scène avec un soin documentaire et dans un dispositif scénique qui n’est pas étranger à celui du théâtre, le déroulement des audiences d’un procès. Le but est de susciter chez le spectateur une réflexion sur le fonctionnement de l’institution judiciaire, le rôle des avocats (défense du personnage du — bon — avocat qui apparaît parfois comme un redresseur de torts), voire le comportement du jury et par voie de conséquence (même si ce n’est qu’en filigrane) les valeurs de la société américaine.