Dans la filmographie des cinéastes, il y a toujours un film qui tient lieu de manifeste artistique. C’est le cas par exemple du Carrosse d’or de Renoir. C’est le cas aussi de ce septième film d’Eastwood. Bronco Billy McCoy (Eastwood) est le directeur d’une petite troupe ambulante du « Wild West Show », spectacle qui fait de la légende de l’Ouest une suite de numéros de cirque, du cow-boy as du lasso ou du couteau à « l’authentique » chef indien. Lors d’une tournée, il engage Antoinette Lily, dont il ignore qu’elle est une riche héritière qui vient de quitter son mari. Les affaires du cirque vont mal et les mésaventures se succèdent : le roi du lasso est arrêté comme déserteur, le chapiteau brûle…Mais Bronco Billy tient bon. Petits moyens, Amérique profonde et attachante, spectacle modeste mais soucieux d’apporter du bonheur et du rêve, acharnement de l’individu contre « la machine » qui veut l’écraser, solidarité et amour de la communauté, ici la troupe : en somme une célébration du spectacle, y compris du folklore westernien, et une croyance en la supériorité des relations humaines sur quelque idéologie que ce soit. On reconnaît là des thèmes et des attitudes que le cinéaste développera en de nombreuses variations dans ses œuvres ultérieures. On retrouve aussi une esthétique classique qui sait porter au mieux la narration et les personnages, dans la lignée des Ford ou Hawks, célébrant avec humour et tendresse des sentiments simples et profonds. Une profession de foi, en quelque sorte.

