So Long, my Son (Di jiu tian chang), Wang Xiaoshuai (Chine, juil. 2019 / janv. 2020, Ad Vitam).

Chine, années 80. Yaojun et Liyun découvrent leur petit enfant inanimé dans une rivière où un camarade l’avait incité à venir jouer. Quelques années plus tard, leur fils adopté qui a remplacé le vrai fils, fait une fugue. Retour en arrière sur les années qui précèdent l’accident, marquées par la politique de l’enfant unique et les drames qui en découlent, avant de retrouver les personnages aujourd’hui, face à de nouveaux problèmes. Ce film déploie une véritable fresque qui suit deux couples, un surtout, pendant une période de presque quarante ans. Wang, dont c’est le premier film, sait mêler avec une habileté confondante les vies intimes et le destin d’un pays. Ce mélodrame très fort, pas du tout racoleur dans l’expression des sentiments et de l’adversité, montre des êtres luttant pour leur liberté et leur bonheur, dans une Chine marquée par les séquelles de la Révolution Culturelle, la libéralisation de l’économie et les clivages de classes. La caméra est toujours très délicate, très respectueuse des personnages, à bonne distance, alternant plans d’ensemble très bien composés et caméra portée près des personnages : preuve d’un talent sûr. Les flashes-back, montés avec subtilité, se répondent et font écho au présent, le tout convergeant dans un très bel hymne à la vie. La cinématographie chinoise s’impose comme essentielle depuis quelques années, et ce jeune cinéaste y prend toute sa place.