Nous avons traité dans une livraison précédente El Perdido avec Kirk Douglas, qui déjà réfléchissait sur la mythologie du genre. On retrouve le même grand acteur dans cette fable contemporaine du tournage. C’est dire qu’on est loin du western des pionniers et des défricheurs ! Pourtant John Burus est un cowboy qui, en 1960, vit comme ses collèges des années western, vagabondant d’employeur en employeur sur sa précieuse jument. Retrouvant un couple d’amis à Tulsa (Oklahoma), il se retrouve en prison pour avoir aidé l’homme, s’évade vers le Mexique en escaladant la montagne à cheval, poursuivi par un shérif désabusé, sa troupe de policiers et un hélicoptère…
Le film est étonnant et bouleversant. Il s’ouvre sur Jack allongé près de son cheval, cowboy au repos après une chevauchée. Motif bien connu ! Mais passent alors dans le ciel trois avions à réaction qui imposent un bruit infernal. Tout est dit : Jack est inadapté à ce monde. Gravissant la pente et ses rochers, il est chez lui. Quand il redescend chez les hommes…La dernière séquence est anthologique, résumant tout le propos du film, plus large bien sûr que l’aventure de cet homme. Jack ne peut fuir, puisque le « western » est mort ! Les mythes de l’Amérique se sont dissous dans les diktats de la modernité. On reconnaît là les préoccupations du scénariste Dalton Trumbo, que servent parfaitement l’interprétation et la mise en scène, fondée sur un scope « héroïque », mais en noir et blanc.

