Donnie Darko, Richard Kelly (USA, 2001 / Carlotta, nov. 2019) + livret de 200 pages

1988. Donnie, adolescent de 16 ans introverti et soigné pour troubles psychologiques, vit dans un pavillon d’une petite ville de l’Iowa, en famille…et avec Frank, un lapin géant que lui seul peut voir et entendre, en particulier cette nuit où le rongeur lui demande de sortir de la maison. Il fait bien d’obtempérer à cette injonction de somnanbulisme, puisqu’un réacteur d’avion tombe sur le toit, jusque sur son lit! La fin du monde étant proche, d’après Frank, Donnie va provoquer une série d’événements fort dérangeants sinon agressifs, jusqu’à desperturbations dans l’espace-temps… Film fantastique très original exaltant l’imaginaire, fable sur l’adolescence, peinture assez acerbe de la classe moyenne américaine, interrogation métaphysique : tous ces aspects sont servis et éclairés par une mise en scène très inventive et un acteur alors débutant, Jake Gyllenhaal. C’est aussi le premier film de ce réalisateur, à 23 ans, film qui devint un fleuron du cinéma indépendant et reste, comme beaucoup d’œuvres marginales célébrées par des groupes de cinéphiles passionnés, ce qu’il est convenu d’appeler « un film culte ». Hélas, Kelly n’a plus ensuite rencontré un succès comparable : son deuxième film n’est même pas sorti en France, et The Box (2009) n’a pas laisséun grand souvenir. Le coffret proposé est très riche : versions « director’s cut » et cinéma, plusieurs heures de suppléments fort éclairants, le scénario intégral.