Le shérif Stribling (Rock Hudson) poursuit au Mexique O’Malley (Kirk Douglas), coupable d’un meurtre. Les deux hommes se retrouvent dans un ranch où vit un éleveur, sa femme que O’Malley courtisa dans sa jeunesse, et sa fille. Ils acceptent de convoyer le troupeau de leur hôte jusqu’au Texas, où ils pourront régler leur différend…
Voilà un magnifique western qui ose, lui aussi, le mélodrame, tout en refusant le sentiment facile ou le spectaculaire gratuit. C’est une sorte d’apologue sur la vérité de l’existence face à l’illusion tragique, y compris celle, propre au genre, qui fait du cowboy de western un héros enviable paré d’une aura mythologique. Aldrich (1918-1983) est ici fidèle à sa posture de créateur intransigeant qui n’a de cesse de dénoncer les vernis du faux-semblant pour exposer crûment, et souvent douloureusement, les comportements et les itinéraires de vie : dans El Perdido, si la fin sauve la morale, de nombreuses frontières auront pourtant été franchies. L’œuvre de ce cinéaste parfois méprisée, en raison des genres ou des sujets abordés et non du style ou du regard, mérite d’être revue avec attention, de En quatrième vitesse (cf. revue n°152) à Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? en passant par Vera Cruz, Le Grand Couteau ou Les Douze Salopards.
NB : Les westerns de cette collection bénéficient d’excellents suppléments assurés par Bertrand Tavernier et/ou Patrick Brion.
Alain Vauchelles

