Le titre français peut tromper le spectateur. En effet, s’il s’agit bien de l’itinéraire d’une femme, celle-ci n’est pas une obsédée sexuelle mais une manipulatrice, depuis son enfance passée avec un père seul et alcoolique. Ses victimes sont les hommes, qu’elle épouse par calcul ou séduit par désir.
Le portrait est violent, au centre d’un mélodrame comme Ulmer (1900-1972) osait en filmer. Il a les traits d’Hedy Lamarr, actrice légendaire à la rare beauté, d’origine autrichienne comme Ulmer, qui eut une brève carrière à Hollywood et qui, par ailleurs…inventa les bases du WiFi et du GPS (cf. le documentaire Hedy Lamarr, from Extase to WiFi, 2017)! Aux USA, Ulmer réalise nombre de films de « série B ou Z », à petit budget. Retenons surtout, à part celui-ci, Détour, Le Chat noir ou Le Bandit, où il montre qu’il est non seulement un cinéaste de l’action allant toujours à l’essentiel sans fioritures inutiles, sachant mettre en scène des confrontations entre personnages ou entre les individus et leur destin, mais aussi un grand créateur d’atmosphère. Le Démon de la chair est une belle démonstration de son talent.

