L’intrigue correspond à celle du roman. à ceci près que l’action se situe en Provence. Frank est employé par Nick Marino qui tient une auberge-station-service et devient l’amant de sa femme Cora. Frank et Cora assassinent Nick et, quoique innocentés, mènent une vie difficile. Frank sera, après la mort de Cora dans un accident de voiture, de nouveau traduit en justice et condamné à mort.
Film noir et/ou néoréaliste avant la lettre ? Peu importent les tentatives de classification du film de Pierre Chenal (Philippe James Cohen de son vrai nom), réalisateur injustement oublié, qui avait déjà adapté Dostoïevski (Crime et Châtiment) et Pirandello. C’est le dernier film qu’il tourna avant de s’exiler. La transposition est parfaite. À ceci près que le réalisateur abandonne le principe de la narration à la première personne, peut-être parce qu’il juge le procédé trop littéraire. Pierre Chenal traduit également, contrevenant à la retenue du cinéma français de l’époque, l’érotisme qui est une des composantes du roman.

