Remake du film de Tay Garnett.
Bob Rafelson était au début des années 70 un des chefs de file de ce qu’on a appelé « le Nouvel Hollywood », avec des films novateurs dynamitant les certitudes triomphantes de l’Amérique et, dans le même mouvement, les canons hollywoodiens, porteurs à leurs yeux du conformisme social. Des films comme The King of Marvin Gardens ou Five Easy Pieces
lui assurèrent une place éminente dans ce courant, sinon au « box office ». C’est l’insuccès commercial qui probablement le conduisit à réaliser une nouvelle version du Facteur… Il y retrouve son acteur fétiche, Jack Nicholson. Jessica Lange, elle, apporte au personnage de Cora une forte sensualité. Elle est ainsi l’élément essentiel de cette nouvelle adaptation. En effet, aidé de son scénariste, le dramaturge (et futur cinéaste) David Mamet, Rafelson fait de ce drame un prolongement de la frénésie sexuelle qui habite les deux protagonistes. En cela peut-être est-il plus proche de la source romanesque (et de la tonalité du Chenal) que son prédécesseur : Cain fait d’autant plus ressortir la violence et l’érotisme, pulsions jumelles, que son écriture reste froide, comme objective. À plusieurs reprises, le réalisateur n’oublie pas son inspiration iconoclaste, et donne finalement, en cette quatrième version, une œuvre assez originale.

