À Beyrouth, une insulte mène un Libanais chrétien et un réfugié palestinien devant les tribunaux, malgré les tentatives de leurs épouses de calmer le jeu. Tentatives vaines : le conflit devient événement national exacerbant les discordes politiques. Les protagonistes et leurs familles souffrent bien sûr de cette bataille qui bientôt les dépasse tout en révélant des facettes de leurs personnalités.
Voilà un grand film, qui aborde avec une grande habileté plusieurs niveaux : c’est un film psychologique mais aussi profondément politique, sans oublier sa grande pertinence historique. Tout cela servi non par un discours pesant mais par une narration vive, rythmée, parfaitement soutenue par de formidables comédiens, qui passionne le spectateur et l’interpelle pour provoquer son intelligence. En surface un engrenage stupéfiant dont on ne sait où il va mener, en profondeur une analyse de la société et de la politique libanaises, de l’histoire du pays, mais plus largement des humains, qui ont tant de mal à vivre ensemble. La façon dont le sentiment de justice qui meut les personnages est confronté à l’institution fondée sur le droit est remarquable et peut nourrir de fructueuses réflexions. Zouad Doueiri confirme son grand talent (cf. L’Attentat, 2013, et la série Baron noir).

