Mississipi Burning, Alan Parker (USA, 1968 / mars 2020, L’Atelier d’images)

Une ville du Mississipi en 1964. Deux agents du FBI enquêtent sur l’assassinat de trois jeunes militants pour les droits civiques. On s’aperçoit vite avec eux que la ville est le terrain d’activités du Ku Klux Klan, qui finalement la gouverne plus ou moins. Le couple assez classique des deux policiers de générations différentes et aux méthodes opposées est confronté aux silences, menaces, émeutes, exactions… Le film sait garder tout du long une réelle tension dramatique, entre thriller et film politique, en particulier parce que le spectateur sait presque tout et peut donc craindre le pire. Voilà une peinture bien sombre mais juste du Sud des années 60, hélas conforme à l’atmosphère de l’époque (le scénario est tiré de faits réels), dont on voit les relents délétères de nos jours. Cet excellent film d’Alan Parker (mort le 31 juillet 2020) est représentatif de ces œuvres qui dénoncent un scandale et héroïsent les rares individus acharnés à découvrir la vérité. Sur un sujet très proche, le prolifique Roger Corman avait réalisé deux ans auparavant The Intruder, une analyse dramatique du racisme ordinaire et de la manipulation des foules, dont les ressorts sont toujours actuels (Carlotta éd.).