Gérard Philipe est Pierre, un ancien de l’Assistance Publique. Il revient dans cette ville du Nord en bord de mer, dans cet hôtel où il fut employé et d’où il s’enfuit. Il y trouve Marthe, la servante venue aussi de l’institution, et un garçon qui semble être sa propre réplique contemporaine. Un drame récent l’habite…C’est un film très noir, au propre comme au figuré. Le titre tragiquement ironique est démenti par la pluie incessante qui se déverse dans les rues sombres sur ces êtres en perdition et par la lumière crépusculaire qui transforme la grève et ses alentours en antichambre de l’enfer. Le désespoir qui habite le protagoniste est sublimé par cette atmosphère si bien rendue par la photographie d’Henri Alekan. Sourd cette impression d’éternel retour du malheur que Pierre essaiera d’enrayer en conseillant l’enfant. Beau film à (re)découvrir, assez représentatif de la noirceur prisée par nombre de cinéastes d’après- guerre, il fait partie, avec d’autres comme Dédée d’Anvers, Manèges ou Les Orgueilleux, de la meilleure période du cinéaste (1907-1987) dont la fin de carrière fut plutôt médiocre.

