Alice prend le bateau pour Beyrouth et écrit à Joseph. Le flash-back déroule alors les souvenirs de cette nurse suisse employée dans la capitale libanaise où elle rencontre ce Joseph, astrophysicien poète qui construit une fusée. Mariage, naissance de leur fille Amal. Plus tard, c’est la guerre civile, tous autour d’eux fuient pour la France ou ailleurs…
Voilà une romance douce-amère filmée avec la simplicité de l’évidence, ponctuée de séquences dessinées (Chloé Mazlo a réalisé plusieurs courts-métrages d’animation), fort bien venues. Celles-ci proposent à chaque fois de quitter un réalisme trop pesant qui ne renverrait qu’à lui-même pour poser sur l’histoire de ce couple un regard volontairement naïf qui mène finalement à un romanesque plus essentiel. D’aucuns pourraient taxer le traitement de mièvrerie, impropre à rendre le déchirement vécu par les personnages, mais ceux-ci sont incarnés avec une telle délicatesse (Alice Rohrwacher, Wajdi Mouawad) que nous ne pouvons être insensibles à leur sort et que nous croyons—est-ce illusion affadissante?—à la force de la poésie et du rêve dans une situation si adverse. Premier long métrage, là aussi, qui laisse augurer de belles suites.

